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PASSE MOI LE SEL, TU VEUX

2021

FR / De manière rituelle, depuis plusieurs mois maintenant, je photographie les repas pris chez mon grand-père. Le contexte actuel m’a fait repenser la relation que j’entretiens avec lui. Devant le sentiment d’urgence à passer plus de temps en sa compagnie, j’ai poussé plus loin encore ce dispositif, en imaginant des mises en scène en fonction des discussions que nous avons autour de la table. 

Les repas pris chez lui, dans sa salle à manger sont le point de départ de la narration, les autres photos découlent de mes déambulations dans ce lieu que j’épuise sous la forme d’un documentaire-fiction, en jouant avec l’esthétique particulière de cet intérieur datant des années 1970.

Ainsi, à travers les autoportraits qui ponctuent la trame narrative, je me glisse dans ce décor, m’imaginant vivre dans cette maison dans la peau de différents personnages. Les vêtements portés ou choisis, les accessoires, ainsi que la décoration convoquent un univers retro-futuriste figé dans le temps, une atmosphère en suspens, renforcée aussi par l’homogénéité des couleurs.

Ce travail aborde également la question du décalage générationnel, du conflit intérieur que l’on peut ressentir parfois face à nos grands-parents, de la difficulté à communiquer, de l’importance de la transmission.

Dans la continuité de ma série précédente La Fin des Voyages, qui questionnait notre rapport au voyage en tant qu’Occidentaux (et les rapports de domination qui en découlent), cette série soulève aussi la question de l’exotisme et de la relation que mon grand-père (qui appartient aujourd’hui à une classe sociale privilégie) entretient avec l’ « Ailleurs », notamment à travers la présence de la végétation, l’évocation de la faune, et les objets ramenés de voyages.

PAASE MOI LE SEL, TU VEUX

(PASS ME THE SALT, WILL YOU)

ENG / For a few months now, in a ritual way, I have been photographing the meals taken at my grandfather’s house. The times we are going through made me rethink the relationship I have with him. Faced with the sense of urgency to spend more time with him, I took a step further. From the discussions I have with him around the dinner table, I then imagine stagings and the camera becomes the witness of our face to face.

The meals taken in his house, in his dining room, are the starting-point of the narrative. The other photos are the result of my wanderings, which I translate into a documentary-fiction, playing with the aesthetic codes of the house, a 1970s decor.

Through the self-portraits which appear in the narrative, I try to slip into this decor and imagine myself living in this house in the skin of different characters. All the elements - the clothes which are worn or chosen, the accessories, the decoration - create a retro-futuristic universe frozen in time, a suspended atmosphere, reinforced by homogeneous colours.

This work also deals with the question of the generational divide and the inner conflict that we can feel sometimes with our grandparents, the difficulty to communicate, the importance of transmission.

This series is in the continuity of my previous series La Fin des Voyages (the end of travels), which questioned our relationship to Travel as Westerners (and the relationships of domination that may result from it). It also raises the question of exoticism and the relationship that my grandfather (who today belongs to a privileged social class) has with the so-called «Elsewhere», reinforced by the presence of vegetation, the evocation of fauna, and the objects brought back from faraway places.

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