La Fin des Voyages, 2020


J’ai grandi dans une famille bourgeoise où le voyage est chose sacrée et où la curiosité de mes parents pour les pays étrangers est une course sans fin. En m’intéressant au rapport que ma famille entretien avec l’Ailleurs, je me pose également cette question à moi-même en me demandant, de manière générale, où je me tiens, d’où je parle et d’où je photographie.


Cette bien-pensance occidentale complexifie les rapports de dominations qui perdurent dans cet Ailleurs exotisé et érotisé. Bien que les photos pointent cette violence de manière sousjacente, j’utilise une certaine bienveillance et un certain humour dans mon esthétique car ils définissent aussi la relations que j’entretiens avec les membres de ma famille.


J’explore la notion d’exotisme dans le périmètre du jardin de mon enfance, dans le Sud-Ouest de la France, tout en la mettant en perspective avec le contexte moderne actuel.


Je joue et rejoue des scènes qui convoquent à la fois un imaginaire enfantin entretenu par des souvenirs, des photos de famille vernaculaires, ainsi que des références à l’histoire de l’art (romantisme pictural), mais je questionne aussi des représentations plus complexes où les notions de réappropriation culturelle et de domination sont sous-jacentes, à travers notamment les accessoires, les motifs, les couleurs et les poses utilisés.


Ce paradis perdu servant aussi, d’une certaine manière, d’excuse dans ma relation avec mes parents et mes proches, me permettant de photographier ce qui m’est proche.
 

© Clémence Elman 

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